Posté le: 21 Mar 2006 23:46 Sujet du message: la rose y el toro
sans peur mais pas sans reproche
Le voilà le taureau qui entre dans l’arène
Les naseaux écumants, à en perdre l’haleine.
Et tandis que la foule à grands cris se déchaîne
Il piétine le sol comme pour dire sans haine
Oui, Jaso est venu pour les yeux de Chimène.
Un silence de mort tombe alors sur la scène :
Le torero est là, on comprit le dilemme
Quand on vit dans sa main le glaive de l’extrême
« Jaso, as-tu du cœur ? » la réponse fut brève
La corne frémissante le mit sur le carreau.
Epuisé par l’effort, par une nuit sans trêve,
Il se coucha enfin tout prés de son bourreau.
La nouvelle courut, rubrique « faits divers »
Un torero est mort, les quatre fers en l’air.
Dernière édition par jaso le Vendredi 24 Mars 2006 16:31; édité 1 fois
et voici la réponse (en d'autres lieux) du maître berger Alfred au bergerquito que je suis, à propos de mon petit écrit tauro...machin
avec sa généreuse permission
« El toro » et la rose
« Erase una vez » un taureau. À l’arène
Il était destiné par les hommes en selle.
Il était une fois une rose. À la reine
Des fleurs était promise une tempe de belle.
Au bord des oliviers, la rose avait grandi :
Sauvage et rouge tache au cœur du vert bocage.
Vers le soleil de plomb, le fauve avait brandi
Ses cornes, peu à peu : point noir du pré sauvage.
Le taureau brave, un jour de février, un soir,
Voulut se régaler d’un pétale de fleur.
Un parfum de velours piqua son mufle noir :
L’épine de l’amour avait mordu son cœur !
Le futur combattant, cornu de fines lames,
Fut touché par la grâce.Et la rose incarnate
Regretta sa morsure en déclarant sa flamme
Au taureau, qui rêva sous le ciel écarlate.
Un hymen impossible était né ce jour-là.
Ils s’aimèrent pourtant jusqu’au bord de l’été...
Un matin, une main de femme l’emporta.
Pour lui était venue l’heure de vérité.
Et la rose s’en fut aux arènes, là-bas,
Flammèche aux cheveux d’une belle Andalouse.
Le taureau, quant à lui, fut mené au combat :
La clarine tinta à dix sept heures douze !
Tandis que l’homme en or dansait devant ses cornes,
Il aperçut, au bord de la piste de sable,
La rose tant aimée. Sa force fut sans bornes,
Sa bravoure au sommet et son cœur indomptable !
En dédiant son sang, qui coulait, à sa fleur,
Il obtint des gradins une énorme ovation !
L’artiste le gracia. L’Andalouse au grand coeur
Offrit au torero sa rose et sa passion.
Auréolé de gloire et touché par la grâce,
Il revint dans le pré sous le soleil de plomb.
Sur son flanc noir, meurtri, il garda une trace,
Rouge comme une fleur. Il devint étalon.
Un soir, sous le ciel d’or, il entendit un chant
Andalou et rêva de rose des amours,
Aux cheveux d'une belle. Et du soleil couchant,
Lui vint jusqu’aux naseaux un parfum de velours...
Quelques printemps plus tard, au bord des oliviers,
Gambadait, dans le pré, un jeune taurillon.
Dans le feuillage vert était né un rosier...
Il était une fois, une fleur en bouton...
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