Posté le: 21 Avr 2006 22:14 Sujet du message: Alfred et son recueil
vous donne copie du message d'Alfred, talentueux voisin de poésie
A Georges
(Vingt ans après...)
C’était il a vingt ans, un triste jour d’octobre ;
Le fossoyeur coucha, sous un tertre bien sobre,
Le poète-chanteur que l’on appelait Georges.
À sa guitare plus de corde et dans sa gorge,
Plus de corde non plus. La musique s’est tue.
Il est parti chanter pour ceux qui ne sont plus,
Pour ces copains d’abord, qu’il a rejoints là-haut.
Nous, nous sommes restés ici-bas, mais trop tôt,
La Camarde sans cœur, au nôtre a dérobé
La tendresse et le rêve et le rire enrobés,
Sous des cordes pincées, de douce poésie.
Mais, sur la pierre nue, fleurit le myosotis.
Si sa gaie ritournelle réjouit les anges,
Son public, pour toujours, sur terre, chose étrange,
De son tréfonds, au loin, réentend la chanson
Pour l’Auvergnat, le soir, et de Mimi pinson,
Les soupirs étouffés par un air de guitare...
Sur la plage de Sète, est-ce bien le hasard,
Un grand pin parasol hors du sable a poussé.
Auprès de l’arbre vert, le jupon retroussé,
Une poupée entend le chant que l’amoureux
Lui fredonne tout bas, de l’amour plein les yeux.
Est-ce la Bécassine aux cheveux d’or ou bien
Pénélope ravie d’avoir trouvé enfin
L’Ulysse de banlieue qu’elle a tant attendu ?...
Sur la place et son banc, le chat ne viendra plus
Pour émouvoir les gens, téter Brave Margot ;
La fontaine est tarie, où Hélène en sabots,
Venait prendre son bain, à l’abri des regards...
Le grand chêne a perdu ses feuilles. Et sur la mare,
La cane de la Jeanne a égaré ses plumes...
Dans le ciel souffreteux, un orage s’allume :
Mais l’huis de la voisine est fermé pour toujours,
La belle ayant au loin redécouvert l’amour...
Quand les ombres des pins s’allongent au couchant,
Dans le bois de mon cœur, je crois ouïr le chant
De l’amandier qu’un jour, par amour, la gourmande
Fit dépouiller. Je crois voir l’ombre de Fernande,
Le minois de Ninon, les yeux de Marinette,
Se jouant d’un épris, la fourmi de Clairette,
Qui grimpe hardiment dans son cou. Et encor,
La vieille ramassant, pour son vieux, du bois mort...
Et la voix du croquant me dira : « Mon bonhomme,
Quand tu seras sorti du rêve, ces fantômes
Se seront envolés. Je ne l’écoute pas.
J’aperçois Mélanie et j’aperçois Sarah :
Près de son arbre, là, un jeune croque-notes
Leur chante sa chanson, souriant à Charlotte...
Et je rentre au village. Et m’abreuve de vin,
Au bistrot des « Quat’ z’arts », l’estaminet du coin.
La table d’à-côté a des airs de ripaille :
Les deux oncles, Martin et Gaston, y bataillent,
En se remémorant leur temps jadis, dissous,
Les belles du trottoir et la fille à cent sous,
Le mouton de Panurge et les dames d’antan....
C’est une rêve, je sais !... Mais je sais que le temps
Ne fait rien à l’affaire et que dans ma mémoire,
Georges, demeureront tes charmantes histoires.
Le phono est sans voix. Le pornographe est mort.
Et la femme d’Hector a épousé Nestor...
Des lilas à la main, j’ai écouté, ce soir,
Par un discours de fleurs, un message d’espoir :
Au boulevard du temps le sablier s’égrène ;
De la disparition, n’ayons aucune peine,
Car de la renommée les trompettes sont là.
Le poète-chanteur, nous ne l’oublierons pas...
La route des chansons reste ouverte en nos coeurs.
Près de Saturne, si tu croises, par bonheur,
Oncle Archibald, Léon et le pauvre Martin,
Le vieux normand, l’ancêtre et le Modeste, enfin,
Si tu vois, dans le ciel, tes amis esseulés
Et nos amours d’antan, pour nous, embrasse-les !
Je dépose, en ce jour, ma fleur anniversaire
Sur ton corps allongé sous sépulcre de pierre,
La marguerite qui de leur missel a chu.
Je sais aussi que, grâce à toi, n’est pas déchue
La reine poésie, qu’il n’y a rien à jeter
Dans tes vers ; c’est pourquoi, humblement, moi, je t’ai
Dédié, ce soir, les miens. Ils sont sans prétention
Et ne recherchent pas bonne réputation...
Je dis aux braves gens et aux mauvaises herbes,
Par des alexandrins, faisant rimer le verbe :
Malgré les coups de sang, malgré les hécatombes,
Cueillez son testament de vie, près de sa tombe.
La poésie, le vent, les rires dans le ciel
Sont comme ses chansons. Brassens est éternel.
Alfred 2001
Dernière édition par jaso le Vendredi 28 Avril 2006 21:25; édité 1 fois
Inscrit le: 07 Mar 2006 Messages: 6850 Localisation: Toulon
Posté le: 21 Avr 2006 23:20 Sujet du message:
Bravo à Alfred qui a l'air d'en connaître un morceau sur Georges.
Allez! J'en remets un petit coup.
Mais comme je n'ai pas le talent d'Alfred, je me contente de citer Georges.
Mourir pour des idées, l'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eu
Car tous ceux qui l'avaient, multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus
Ils ont su me convaincre et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs, se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente,
D'accord, mais de mort lente
Jugeant qu'il n'y a pas péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure, il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain
Or, s'il est une chose amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Les saint jean bouche d'or qui prêchent le martyre
Le plus souvent, d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées, c'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas
Dans presque tous les camps on en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire, en aparté
"Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"
Des idées réclamant le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles ?
Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir, avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant, tourne autour du tombeau
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Encor s'il suffisait de quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre on y serait déjà
Mais l'âge d'or sans cesse est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort toujours recommencée
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
O vous, les boutefeux, ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu! laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici bas
Car, enfin, la Camarde est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre autour des échafauds!
Mourrons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente
Allez
Baignez-vous
C'est le moment
D'entrer
En bain de mots mais
Faites doucement...
Gare,
Hommes et dames nus à cet
Instant premier...
Je vous suggère
"Kaolin" et
La
Mousse qui
Ne pique pas les yeux,
Onctueuse...
Puis,
Que diable,
Résistez un peu !
Simplement
Tentez
Un pied,
Vite, et puis deux et puis douze !
Wouaouh !!!
X plaisir , pourquoi pas !
Y'a là qu'un bain de lettres... Allez :
Zou !!
En cette Nuit des Temps, y eut-il des étoiles ?
Quel Zodiaque ailé charria ce rhésus ?
Le Scorpion sans fiel, sur le char blanc à voiles
De la Vierge nue que barrait un Jésus ?
En cette Nuit des Temps, y eut-il des nuages ?
Quel astre traversa l’océan du Poisson
Pour amender de sang le sable bleu des plages,
Sur l’île des Gémeaux où s’endort le Lion ?
En cette Nuit des Temps, y eut-il la tempête,
Sous le front du Taureau, créant le négatif ?
Un Cancer sans venin s’était-il mis en quête
De trouver, dans les nues, le gêne positif ?
En cette Nuit des Temps, le Bélier à corne
S’enivra-t-il de l’eau de la vie, rouge sang ?
Quel éclair fit, soudain, du petit Capricorne
Un Dieu ? Et qui mua Sagittaire en pur-sang ?
En cette Nuit, ma mie, naquit votre antigène ;
Le Verseau le versa, sous votre sein, en flot !
La Balance du Temps m’offre son oxygène.
J’en abreuve mon cœur, dès lors, comme de l’eau.
Inscrit le: 07 Mar 2006 Messages: 7425 Localisation: Carcassonne
Posté le: 29 Avr 2006 2:46 Sujet du message:
Oui je savais, j'ai su
J'ai oublié pardon.
J'ai possédé, j'ai eu ?
Quoi ?? 3 tuiles....une maison??
Il me manque comme l'autre
Un jardin 4 murs
Mon prénom sur ma porte
Et puis moi qui murmure ......
Je ne suis pas de ceux
Conformistes bien assis
Et pouvant vivre heureux
Devant leur pain rassit !!!!!
Moi, je suis malheureux
Dans ma vie, tout petit
Moi j'n' suis pas heureux
Je pleure à l'infini ........................................à l'infini.
Bien sûr on m' dira
Q'c'est un mauvais moment
Qu'je dis n'importe quoi
Et puis n'importe comment ..................
Mais moi j'vois et j'entends
Ma chanson qui résonne
Mais moi j'vois , j'suis conscient
Mes pensées m'abandonnent......
Mais là les gens me disent
Que j'ferait mieux d'me taire
Mais ceux qui préconisent
Oui ceux qui déblatérent
Je ne suis pas Rimbaud
J'ne suis même plus moi même
Je n'ai plus vraiment chaud
Ce soir la fauche m'eméne.
Unique est son parfum dans les gazons, épars...
Néroli blanc de soie à la senteur de femme,
Baiser d'un prime jour, né du tréfonds d'une âme,
Respiration jaillie, effluve d'autre part...
Il était un muguet en brin de nulle part.
Naquit, au mois de mai, un merveilleux dictame,
Don du printemps nouveau que le soleil enflamme,
Embaumant un poumon percé de part en part...
Mes amis, acceptez ces caresses de fleur,
Unies par un petit ruban porte-bonheur,
Grains d'encre d'une plume au sortir des cachettes,
Ulmaires de mots doux murmurés à demi
En ce bouquet, pour vous, un incarnat j'ai mis :
Tenez, voici ma rose au milieu des clochettes...
Mes couplets ont six pieds;
Oui, mais sur les papiers...
Dans tous les beaux jardins,
Les statues ont deux mains :
La droite pour la fleur
Que leur tend le passant,
La gauche pour l'amant
Qui leur chante son coeur.
Mes couplets ont six pieds;
Oui, mais sur les papiers...
Dans les squares radieux,
Les statues ont deux yeux :
Le droit pour l'amusée
Qui leur fait un clin d'oeil,
La gauche pour le deuil
De l'amante abusée.
Mes couplets ont six pieds;
Oui, mais sur les papiers...
Aux parterres des ïambes,
Les statues ont deux jambes :
La droite pour "vider"
L'amante qui messied,
La gauche pour guider
Le manchot qui s'assied.
Mes couplets ont six pieds;
Ne plaisant qu'aux papiers...
Car, si je m'évertue,
Personne n'a goûté,
Ni tout juste écouté,
Pas même la statue...
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